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« Numériser et mettre en ligne » aux éditions de l’ENSSIB

24/03/2010

BAO #19 - Numériser et mettre en ligne

Publication dans les jours qui viennent d’un nouveau guide dédié aux professionnels de l’édition et de la conservation des livres aux Editions de l’ENSSIB (Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques). Celui-ci, disponible dans la collection Boîte à Outils se veut une aide aux gestionnaires de projets de numérisation au sein des établissements, publics ou privés, et fait le point sur l’ensemble des techniques mises en jeu dans un projet de numérisation (la numérisation en elle-même, mais également la mise à disposition des contenus auprès du public, la sauvegarde, ou le référencement des bases sur Google – partie sur laquelle je suis modestement intervenu).

La description de l’ENSSIB à ce sujet est d’ailleurs assez pertinente sur le sujet et les objectifs du livre :

Rendre les collections accessibles en ligne est devenu pour les institutions culturelles, d’enseignement et de recherche un des défis majeurs du début du XXIe siècle. Les projets sont dès à présent nombreux et concernent tous les types d’établissements et tous les supports. Mener une opération de numérisation et de mise en ligne requiert un ensemble de repères et de connaissances pour l’organisation et la mise en œuvre d’un projet de numérisation durable.
Donner les clés du domaine en se fondant sur des savoirs pratiques et concrets est l’ambition de cet ouvrage qui fournit un mode opératoire précis pour chacune des grandes étapes à prendre en compte – de la capture à la conservation numérique, en passant par l’interopérabilité, le référencement, et en intégrant l’environnement juridique et réglementaire.

Coordonné par Thierry Claerr et Isabelle Westeel, spécialistes du sujet et responsables de formations sur la numérisation et la création de bibliothèques numériques, ce guide des bonnes pratiques accompagnera les porteurs de projets dans le contexte et les missions de leur institution, mais aussi au cœur des évolutions de l’Internet pour répondre aux attentes des internautes.

Plus d’information sur le site de l’ENSSIB.

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Google et la BNF, vers la fin de l’hypocrisie ?

27/08/2009

BNF - Bibliothèque François MitterandC’est sans doute l’une des nouvelles qui a fait le plus parler le petit monde du Web francophone la semaine dernière. La Bibliothèque Nationale de France serait prête à confier la numérisation d’une partie de son fonds à Google (d’après un article de la Tribune daté du 19 août 2009), et donc à rendre celui-ci disponible via la plateforme Google Books. Traité comme un scoop par la majorité des médias en ligne, l’actualité en question semble surtout mettre fin a quelques années d’hypocrisie sur le sujet…

Sérieusement, peut-on réellement envisager qu’un acteur culturel aussi important que la BNF (dont on ne peut nier la richesse du fonds ni l’influence dans les domaines culturels) boude sur une simple question de principe un acteur Web majeur comme Google ? Arrivé à un certain niveau d’importance, d’influence et surtout d’affaires, les discussions se font en dépit des idées, des dogmes et des vues politiques. La fusion Adobe-Macromedia en 2005 ou les discussions incessantes entre Microsoft et Yahoo! en sont dans une certaine mesure la preuve. Deux géants dont les opinions divergent bien sont obligés de discuter ensemble, surtout dans le logique de globalisation d’Internet.

Globalisation ? C’est justement ce mot qu’a utilisé le Ministre de la Culture Fréderic Mitterrand quand il a été questionné sur le sujet. La visibilité en ligne du fonds de la BNF ne peut passer que par une politique globale, terme dans lequel il faut peut-être comprendre le biais d’un outil existant et américain, tant les crédits nécessaires au chantier sont importants. Deux solutions alors : Google Books ou la toute récente association Microsoft/Yahoo!/Amazon. Sachant que les principales objections de la France sur le sujet portent sur l’exploitation commerciale des données, fera-t-on plus confiance a Google ou a Amazon ? De mon point de vue, j’avoue que la question se pose à peine.

Et même si la France défend toujours avec acharnement son « exception » culturelle, peut elle réellement se permettre de dédaigner un outil qui a déjà séduit un grand nombre des bibliothèques mondiales (et non des moindres, comme la Bodleian Library d’Oxford ou celle de l’université d’Harvard) ? Hors les questions budgétaires qui se font d’autant plus pressantes en période de crise, la BNF ne peut apparaître sur Internet avec une plateforme totalement indépendante. Elle devrait alors rallier d’autres acteurs culturels, en France et a l’étranger, pour simplement exister face a un Google. En France, la chose est encore jouable, même si certaines collectivités (la Bibliothèque Municipale de Lyon notamment) ont déjà clairement fait le choix de Google. Mais à l’étranger, les acteurs majeurs capables de promouvoir une plateforme indépendante (commercialement s’entend) se font rares et seront peut-être difficiles à démarcher et a convaincre. A moins que l’expérience Europeana ne puisse gagner en popularité ?

Quel choix alors pour la BNF ? Un mariage de raison avec Google, sur des bases qui sont sans aucun doute négociées depuis quelques mois dans les hautes sphères. En affaires, les mariages de raisons sont souvent bien plus solides que les liaisons passionnées.

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