Comment Twitter influence jusqu’au design des sites Web…
Si une chose est bel et bien certaine à propos de Twitter, c’est qu’il s’agit toujours du réseau star du moment. Avec une croissance de près de 1000% au Royaume-Uni en 2008 (source HitWise), Twitter est aujourd’hui un réseau incontournable pour la majorité des utilisateurs du Web, et à plus forte raison pour tout acteur du marketing en ligne. Mais surtout, Twitter est en train de modifier durablement notre façon de communiquer sur le Web, et indirectement le travail même des graphistes ou des intégrateurs dans les tâches de création de sites Web…
L’interface de Twitter est des plus simples : une file de statuts textuels. Comme pour Google, la simplicité de l’affichage sert la simplicité du message : Twitter entend concentrer l’information sur des faits brefs, venant de sources identifiées comme « amies », sur un ton le moins institutionnel possible. La diversité des sources et la présentation rendent l’interface de Twitter, au delà de son principe, très friendly et détachée. On est effectivement très loin ici d’un format de communication institutionnel :

En observant les dernières évolutions de l’interface de Yahoo!, on ne peut qu’être marqué par la navigation historique d’un Yahoo! TV. Contrairement à tous les préceptes de l’ergonomie, chaque article du portail d’actualité est accompagné d’une navigation historique en bas de page présentant les actualités précédentes à l’aide de liens oranges d’une taille plus grande que la police même de l’article principal. Le résultat visuel est saisissant :

Trois informations sont affichées dans ces liens : un titre d’actualité très court, une date de publication et une source placée en crochets. Trois données classiques, mais dont la présentation fait étrangement penser à la mise en page de Twitter. Le ressenti de cette navigation est assez clair, et finalement très adapté à l’actualité People diffusée sur Yahoo! TV : les nouvelles diffusées sur le portail le sont de façon informelle, et surtout quasiment en temps réel.
Le fait que la navigation laisse plus l’impression d’un flux de données (jusque dans le vocabulaire) que d’une réelle exploitation d’une base de contenu, contribue quelque part à son ciblage. On est encore une fois dans l’informel, dans l’information ou le lien fun donné par des amis. Ce qui incite d’autant plus à consulter celui-ci, dont la promesse insidieuse est une lecture brève. L’influence de Twitter sur ce type de navigation est plus que certain et correspond à une stratégie très claire : faire passer une information institutionnalisée (au sens, produit par un organisme professionnel sans lien avec l’internaute) pour une action sociale, et favoriser, d’instinct, la consultation des articles liés. En modifiant les habitudes de navigation, Twitter modifie forcément la façon de voir et de concevoir le Web. Jusqu’où ?




